Être fatigué n'est pas forcément anormal.
Après une période intense, une maladie, un manque de sommeil ou un événement difficile, le corps peut avoir besoin de récupérer.
Être fatigué est une réponse normale dans certaines situations.
Ce qui m’interpelle, c’est lorsque cette fatigue s’installe dans la durée et devient un état presque permanent.
À retenir
Une fatigue ponctuelle est souvent une réponse logique du corps.
Une fatigue qui dure mérite d’être explorée.
Ce qui est « normal »… et ce qui mérite d’être exploré
Une fatigue ponctuelle peut s'expliquer par :
• plusieurs nuits trop courtes ;
• une période particulièrement intense ;
• une maladie ou une convalescence ;
• un effort inhabituel ;
• un événement émotionnellement éprouvant.
Il peut être utile d'aller plus loin lorsque :
• la fatigue persiste depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois ;
• le repos ne permet plus réellement de récupérer ;
• elle commence à limiter le quotidien ;
• elle revient continuellement malgré différentes démarches ;
• elle s’accompagne d’autres symptômes ou s’aggrave.
Mes analyses sont normales : est-ce que cela signifie que tout va bien ?
Lorsque les examens médicaux ne mettent rien en évidence, cela peut être rassurant. Certaines causes ont pu être recherchées et écartées.
Mais des analyses normales ne signifient pas que la fatigue ressentie n’existe pas, ni que tout a nécessairement été expliqué.
Un bilan biologique donne des informations précieuses sur certains paramètres à un instant donné. Il ne raconte pas, à lui seul, l’ensemble de ce que vit une personne : son sommeil, son rythme de vie, sa charge physique ou mentale, son alimentation, son environnement, son histoire ou encore la façon dont elle s’adapte depuis parfois plusieurs années.
C’est pour cela qu’une fatigue persistante mérite d’être replacée dans son contexte, sans pour autant chercher une explication à tout prix.
Alors, qu’est-ce qui peut entretenir une fatigue dans le temps ?
Lorsqu’une fatigue persiste, je trouve plus pertinent de chercher ce qui peut contribuer à la maintenir plutôt que de rechercher systématiquement une cause unique.
Plusieurs éléments peuvent se superposer, évoluer avec le temps et finir par peser sur les capacités d’adaptation du corps.
Le corps
Sommeil, alimentation, récupération, activité physique, douleurs, maladie, variations hormonales…
Le rythme de vie
Travail, horaires, sollicitations permanentes, manque de pauses, charge quotidienne…
Le vécu
Périodes difficiles, préoccupations, conflits, changements importants, charge mentale…
Les adaptations
Ce qui s’est installé progressivement, les habitudes prises pour « tenir », ce qui était adapté autrefois mais ne l’est peut-être plus aujourd’hui.
Pourquoi le repos ne suffit-il pas toujours ?
Lorsqu’on est fatigué, le premier réflexe est souvent de chercher à se reposer davantage. Et c’est parfois exactement ce dont le corps a besoin.
Mais lorsque la fatigue dure depuis plusieurs mois ou plusieurs années, dormir plus ou ralentir ponctuellement ne suffit pas toujours à retrouver son énergie.
Parce que se reposer ne modifie pas nécessairement ce qui entretient la fatigue.
Si le rythme reste trop exigeant, si le sommeil n’est pas réellement récupérateur, si certaines habitudes ne sont plus adaptées ou si la personne continue à mobiliser beaucoup d’énergie pour faire face à son quotidien, le corps peut rester en difficulté malgré les temps de repos.
La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que je me repose suffisamment ? », mais aussi : « Qu’est-ce qui me demande encore autant d’énergie ? »
Faut-il forcément trouver l’origine de la fatigue ?
Quand une fatigue dure depuis longtemps, il est naturel de vouloir savoir quand et pourquoi elle a commencé.
Revenir au début peut apporter des informations précieuses : un changement professionnel, une période d’épuisement, une maladie, un événement personnel, une modification du rythme de vie…
Mais identifier un point de départ ne suffit pas toujours.
Ce qui a déclenché une fatigue il y a plusieurs années n’est pas forcément ce qui l’entretient aujourd’hui. Entre-temps, le corps s’est adapté, des habitudes ont pu s’installer et le contexte de vie a évolué.
C’est pourquoi je trouve intéressant de tenir compte de l’histoire sans chercher à tout expliquer par elle : comprendre ce qui s’est passé, mais surtout observer ce qui est encore présent aujourd’hui.
Le déclencheur et ce qui entretient un problème
ne sont pas nécessairement la même chose.
Face à une fatigue persistante, que chercher à comprendre ?
Il n’existe pas une liste universelle de choses à vérifier. Mais certaines questions permettent de commencer à remettre les différentes pièces du puzzle ensemble.
Depuis quand suis-je fatigué(e) ?
Y a-t-il eu un changement ou un événement autour de cette période ?
Qu’est-ce qui a déjà été exploré ?
Notamment médicalement, et quelles pistes restent éventuellement à vérifier ?
Est-ce que je récupère réellement ?
Après une nuit, un week-end ou des vacances, est-ce que je sens une différence ?
À quoi ressemble mon quotidien aujourd’hui ?
Rythme, travail, contraintes, relations, alimentation, activité physique…
Qu’est-ce qui me demande encore de l’énergie ?
Qu’est-ce qui me demande de m’adapter, de tenir ou de compenser ?
Qu’est-ce qui a changé depuis le début ?
Ce qui était vrai il y a cinq ans ne l’est peut-être plus aujourd’hui.
L’objectif n’est pas de tout analyser, mais de repérer ce qui mérite réellement d’être exploré.
Comprendre ce qui entretient la fatigue pour agir plus justement
Faire cette mise à plat ne signifie pas qu’il faudra agir sur tout.
Au contraire, elle permet de distinguer ce qui semble réellement participer à la fatigue aujourd’hui de ce qui est secondaire, ancien ou simplement ponctuel.
Pour une personne, la priorité pourra être de retrouver un sommeil plus récupérateur. Pour une autre, de revoir un rythme devenu trop exigeant, d’explorer une piste médicale, de modifier certaines habitudes ou encore de prendre en compte une période de vie particulièrement éprouvante.
Et parfois, plusieurs éléments se superposent. L’idée n’est alors pas de tout changer en même temps, mais de commencer par ce qui semble le plus pertinent à cet instant.
Comprendre n’est pas une fin en soi. Cela permet surtout de choisir plus justement où agir.
Quand une fatigue persistante mérite-t-elle d’être accompagnée ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être complètement épuisé pour commencer à chercher ce qui se passe.
Lorsque la fatigue s’installe, qu’elle revient continuellement ou qu’elle commence à avoir un impact sur le quotidien, en parler avec un professionnel de santé permet d’abord de rechercher d’éventuelles causes médicales.
Et lorsque ces recherches ne suffisent pas à expliquer ce que l’on vit, il peut être intéressant d’élargir le regard : sommeil, rythme de vie, récupération, alimentation, charge quotidienne, contexte émotionnel, histoire récente ou plus ancienne…
L’objectif n’est pas de trouver LA cause à tout prix, mais de comprendre ce qui mérite aujourd’hui d’être exploré, ajusté ou accompagné.
Une fatigue persistante mérite parfois un autre regard
Lorsque la fatigue dure, la réponse n’est pas forcément de chercher encore une nouvelle solution.
Il peut être plus utile de prendre le temps de regarder l’ensemble : ce qui s’est passé, ce qui a déjà été exploré, la façon dont le corps récupère, le rythme de vie, les adaptations qui se sont installées et ce qui demande encore beaucoup d’énergie aujourd’hui.
C’est aussi de cette manière que j’aborde la fatigue en consultation : je ne cherche pas à appliquer une réponse toute faite, mais à remettre les différentes pièces du puzzle ensemble pour identifier ce qui semble pertinent à explorer à cet instant.
Parce que comprendre ce qui entretient un déséquilibre permet souvent de savoir plus justement où agir.